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Jeune Diplômée

Une jeune diplômée cherche le job de ses rêves.
Attends, c'est quoi déjà ? Ah oui, elle cherche encore.

mai 4

Auto-débat

  • Chers lecteurs,
  • Jeune Diplômée reprend du service pour une journée, le temps d'un billet sur le thème "pour ou contre changer de job ?".
  • Bonne lecture.
  • JD
  • Pour : Je déteste mon boss.
  • Contre : Ce serait con de démissionner avant de profiter de ses congés payés.
  • Pour : Il existe forcément un métier qui consiste en autre chose que faire des tableaux croisés dynamiques sur Excel.
  • Contre : J’ai un collègue sympa. Un seul, mais c’est déjà pas mal.
  • Pour : Mes cartes de visites sont vraiment trop laides.
  • Contre : Depuis le temps que je travaille là, on va peut-être finir par m’augmenter.
  • Pour : De toute façon mon voisin d'open space ne connaît toujours pas mon prénom. Depuis 10 mois il m’appelle Julie. Moi c’est Alice.
  • Contre : La cantine est vraiment pas chère.
  • Pour : Il y a plusieurs sièges sociaux dans le quartier. Celui d’en face a l’air vraiment mieux.
  • Contre : Je vais attendre qu’ils me virent.
  • Pour : Le café n’est même pas gratuit au bureau.
  • Contre : Je connais enfin mon numéro de téléphone professionnel par cœur.
  • Pour : Je ne suis pas indispensable à ma boîte.
  • Contre : Le bureau n’est pas loin de chez moi.
  • Pour : Les cadeaux du CE sont trop pourris.
  • Contre : Je croule sous le boulot mais on m’a promis que j’aurai un stagiaire.
  • Pour : Une fille de la boîte a démissionné. Ça prouve que c’est pas si compliqué.
  • Contre : Je n'ai pas de plan B, de job de secours, ni d'héritage en vue.
  • Pour : J’aurai un pot de départ et des cadeaux.
  • Contre : Il y a déjà 3 millions de chômeurs, pas la peine d'en rajouter.
  • Pour : En tant que digne représentante de la génération Y, je n'étais même pas censée garder un job plus de 6 mois.

Oct 28

Dernier épisode

Cher fans, chers lecteurs de passage,

Pour ce dernier épisode, je vais écrire à la première personne.

Cela fait maintenant 56 jours que je travaille dans l’entreprise X et je ne désespère pas de trouver un jour le job qui me motivera vraiment. Depuis que j’ai commencé à chercher un emploi (cela remonte à juin) j’ai :

  • assisté à 18 entretiens (dont 7 sur Skype)
  • rempli 5 formulaires de candidature en ligne
  • enregistré 109 versions de mon CV sur mon PC
  • ajouté 154 favoris (principalement des sites de recrutement d’entreprises) dans le dossier “recherche job” de mon navigateur
  • rédigé 35 lettres de motivation (dont 6 envoyées à la mauvaise entreprise) et au moins 87 emails de motivation
  • passé 2 tests de logique en ligne
  • failli décrocher un job à Paris, Londres, Pékin et même Mulhouse. 

Ma vie aurait pu changer mille fois.

Mais surtout, j’ai trouvé de nombreux soutiens sur Facebook et Twitter, on m’a proposé d’écrire pour 2 blogs, j’ai rencontré 4 followers en vrai. Depuis la création de Jeune Diplômée, un lointain soir de juillet, 8 470 visites ont été enregistrées.

Je ne dirai pas que ce Tumblr a changé ma vie, mais presque.

Un grand merci à toutes celles et ceux qui m’ont lu. Un encore plus grand merci à celles et ceux qui m’ont inspirée (souvent des amis, souvent à l’insu de leur plein gré).

Vous vous demandez ce que je vais faire maintenant ? D’abord je ne serai plus scotchée à mon iPhone vers 13h pour publier un nouvel épisode (mes pauses déjeuner vous en seront reconnaissantes). Ensuite j’ai d’autres projets perso comme apprendre le chinois et imaginer un nouveau blog. J’ai déjà plein d’idées. Laissez-moi juste le temps de faire du ménage dans la todo list de ma vie.

<3

Jeune Diplômée

                                     


Oct 27

Le nouveau

Ça a commencé par une rumeur dans ta boîte : il paraît qu’il va y avoir un nouveau. Tu as vu tes collègues chercher un bureau et un PC en prévision de de son arrivée. On a murmuré un prénom.

Et puis un jour il a débarqué dans ton bureau, suivant de près la DRH qui lui faisait faire le tour de l’entreprise : “je te présente machin”.

Il était là, tout grand, tout maigre, dans son costard-cravate. Il souriait bêtement. Tu as souri aussi (avoir l’air sympa et accueillante, pour ne pas qu’il se doute que tu détestes cette boîte), dit un truc navrant du style “bienvenue” et rougi un peu.

Tu as voulu lui dire tout ce que tu aurais aimé savoir à ton arrivée : comment se repérer dans le dédale des couloirs, qui sont les gentils collègues et qui sont les cons, où est l’escalier de service (pour quand l’ascenseur est en panne), etc.

Mais non, tu n’as rien dit. Tu as juste souhaité, en ton for intérieur, qu’il se plaise plus que toi dans cette entreprise, qu’il y trouve sa place, qu’il s’y sente bien.

Et puis tu t’es souvenue : il y a un mois, la nouvelle c’était toi. Tu as l’impression que rien n’a bougé d’un pouce : toi aussi tu es là, grande, maigre, timide, mais sans le costard.

             


Oct 26

Merci Martine

Sur ta fiche de paie, tout en bas, après des dizaines de lignes de cotisations sociales incompréhensibles, tu as lu “solde RTT : 0,50”.

Tu n’en croyais pas tes yeux : tu avais droit à des RTT. D’un mois de travail naissait automatiquement une demi-journée de RTT. D’ici quelques mois tu aurais aussi droit à des congés payés.

Rendez-vous compte : des congés PAYÉS. Des jours où vous êtes payés pour ne pas venir au travail. Tu es restée sidérée devant la beauté de ce concept. Cela te semblait être la plus belle idée jamais inventée.

Tu as voulu remercier Léon Blum et Martine Aubry, mais l’un est mort et l’autre enterrée.

Alors tu as simplement commencé à imaginer ce que tu ferais de ces RTT. Oh tu en ferais bon usage ! Tu rêvassais déjà à tes futurs week-ends, tes escapades, tes pauses rémunérées et légales.

Être payée à rien faire, quel luxe !

                            


Oct 25

L’infini

Un matin tu t’es levée et tu as contemplé l’infini :

l’infini de ton contrat à durée indéterminée. Ça peut durer longtemps.

L’infini ça t’a toujours fait peur. Par exemple imaginer que l’univers n’a pas de fin, et qu’on flotte parmi des milliards de galaxies, ça te fait flipper.

Ton côté “meuf super organisée” aime bien avoir un rétroplanning pour chaque projet, des deadlines, des trucs auxquels on se raccroche, un début et une fin.

En CDI tu connais le début, mais pas la fin. Enfin si : dans 40 ANS. Quand tu prendras ta retraite.

En stage c’était pas pareil. Dans ta convention il y avait écrit la durée précise, en jours. Ni un de plus ni un de moins. Environ 6 mois. Ça ne t’engageait pas trop.

Mais là, l’infinité du CDI, ça te tracasse.

                              


Oct 24

Les priorités

Tu es de nature légèrement impatiente et tu te rends compte que tu ne vas pas réussir à tout rayer de ta dodo list en 1 mois. Il faut que tu classes le bordel de ta vie par priorité :

  1. trouver un appart et quitter tes parents (ils s’en sortiront très bien sans toi, tu ne t’en fais pas)
  2. passer le permis (et l’avoir cette fois)
  3. mettre de l’argent de côté pour quand tu te feras virer/tu démissionneras (ce jour arrivera peut-être plus vite qu’on ne croit)
  4. vivre la nuit (quand on se fait chier le jour, il faut bien compenser)
  5. et le plus dur pour la fin : trouver le job de tes rêves (hahaha, ça fait 6 mois que c’est écrit sur ce post-it, tellement longtemps qu’il ne colle plus)

En bonus :

    6.  partir en vacances

                                         


Oct 23

Le café

Régulièrement, on nous fait peur avec la fin du pétrole, le baril à $500 et tout un tas de trucs de ce genre.

Ça te fait bien rire car une pénurie de café serait une menace bien plus sérieuse pour les économies occidentales qu’une pénurie de pétrole.

Sans café, tes collègues n’arriveraient tout simplement pas à se lever et à venir jusqu’au bureau. L’immeuble serait à moitié vide. Les rares à être parvenus jusque devant leur PC dormirait probablement sur leur clavier (ce qui laisserait de vilaines empreintes sur leurs joues, mais là n’est pas le sujet). On missionnerait la secrétaire pour qu’elle aille acheter du Coca au Franprix du coin. Il y a bien de la caféine dans le Coca, non ? Tes collègues deviendraient donc accro au Coca, de la même façon qu’ils étaient accro au café. La boîte serait bientôt frappée par une épidémie d’obésité fulgurante, accroissant de 225% le budget fournitures de bureau : il faudrait acheter de nouveaux fauteuils, plus larges, pour accueillir ces gigantesques postérieurs. Cela mènerait rapidement l’entreprise à la faillite, comme des milliers d’autres, et laisserait François Hollande dans l’embarras (comme d’habitude).

Ce scénario catastrophe a peu de chances de se produire, sauf si par malheur la commande Nespresso hebdomadaire prenait du retard.

                               


Oct 22

Résiste, prouve que tu existes

Une entreprise, avec son organisation et ses collaborateurs, est une grosse machine qui peut vite te bouffer si tu n’y prends pas garde. Tu dois constamment veiller à ne pas te laisser entrainer par le mouvement, continuer à résister, du moins passivement, à ce truc que tu ne maîtrises pas.

Par exemple, tu dois résister à la pression implicite que ta boss exerce sur toi quand elle t’envoie des emails à 6h53 (du matin, faut-il le préciser ?). Tu ne dois pas céder. Toi à 6h53 tu dors encore. Et le soir, quand tu as fait ton quota d’heures, tu t’en vas. Tu as une vie après le travail, contrairement à certains de tes collègues.

De temps en temps tu te sens légèrement coupable : “pfff, se barrer à 18h30 ça craint quand même, je suis encore en période d’essai…”. Et puis quoi ? Tu vas rester là derrière ton bureau, alors que tes yeux clignent de fatigue devant l’écran et que l’on t’attend (tes potes ont mis du Jurançon au frigo) ?

Tu finis par te dire que ce serait peut-être mieux de renoncer d’avance à l’iPhone 5 de fonction que l’on t’a promis et avec lequel tu n’auras aucune excuse pour ne pas répondre à tes emails nocturnes.

                                     


Oct 15

Message personnel

Chers lecteurs,

Le blog sera (à nouveau) fermé pendant une semaine.

Rendez-vous lundi prochain pour l’épisode 81.

Jeune Diplômée


Oct 14

Le week-end

Quand vient le vendredi soir, tu ranges ton bureau, tu vérifies que tu n’as rien oublié (mais où est ce foutu chargeur d’iPhone ??), tu descends les escaliers, et dès la seconde tu mets les pieds dehors, une nouvelle vie commence : le week-end.

Enfin tu as du temps pour toi, pour voir tes amis, pour faire ton shopping, pour aller au ciné/musée/restau, et surtout ne pas penser au taf. Ton week-end c’est ta parenthèse enchantée. Tu essaies de faire le vide. Tu inventes des stratégies sophistiquées pour le faire durer le plus longtemps possible. Tu es crevée alors tu dors jusqu’à midi pour te dire “ça c’était une bonne grasse mat”. Mais il tu veux profiter un maximum de tes journées, alors tu les fais durer jusque tard dans la nuit. Au final, tu dors encore moins qu’en semaine. Mais c’est si bon d’être en week-end.

Tu essaies d’étirer le temps, de ne plus regarder ta montre, pour faire comme si le lundi n’existait pas.

                                      


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