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Jeune Diplômée

Une jeune diplômée cherche le job de ses rêves.
Attends, c'est quoi déjà ? Ah oui, elle cherche encore.

Billets comportant le tag emploi

Jui 10

Victoire

Chers lecteurs,

On dirait bien que j’ai trouvé le job de mes rêves ! J’ai commencé il y a quelques jours dans un nouvel open space plutôt chouette.

Juste un mot pour vous dire que ce process de recrutement m’a paru incroyablement simple et plaisant (oui on peut kiffer ses entretiens, c’est rare mais ça arrive). En 2 semaines j’avais rencontré 3 personnes et reçu une proposition. Et là, petit message aux recruteurs : oui on peut réussir un recrutement si rapidement, il suffit de savoir ce qu’on cherche. Pas la peine de passer 2 heures en entretien avec le candidat pour savoir si ça va marcher ou pas (2 heures c’est long et chiant pour tout le monde). Le CV en dit déjà long sur la personne et son expérience. Pas besoin de faire une interrogation écrite sur le thème “est-ce que tu connais bien tous nos métiers ?” mais plutôt tester le potentiel et l’envie du candidat.

J’ai compté le nombre de candidatures que j’ai envoyées depuis janvier, en les comparant aux stats de mon 1er chômage, ça donne ça :

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Morale de l’histoire : savoir ce qu’on veut (= se poser les bonnes questions) et cibler sa recherche, ça marche aussi. Pas la peine d’envoyer des CV à toute la France.

Je vous laisse, faut que j’aille me désinscrire de toutes les alertes emploi auxquelles je m’étais abonnée.

Le blog s’arrête ici, mais je ferai sûrement un nouveau billet dans quelques mois sur le thème “mon job est trop cool”.

<3

JD


Avr 16

Les politiciens

Les politiciens sont bien emmerdés : le taux de chômage des jeunes crève le plafond et ils sont à court d’idées. Du coup, ils proposent tout et n’importe quoi pour y remédier. C’est ainsi que Pierre Gattaz, président du MEDEF, a suggéré la création d’un “SMIC intermédiaire”, évidemment inférieur au SMIC actuel.

Brillante idée ! Tant de bon sens ! C’est bien connu : les jeunes, ils vivent d’amour et d’eau fraîche et de films téléchargés illégalement sur internet. Tout ça est gratuit, ils n’ont pas besoin d’argent. L’argent c’est bon pour les adultes et les grands patrons.

Tu as envie de lui répondre à ce bon M. Gattaz que :

  1. Il a vraiment un pois chiche à la place du cerveau
  2. Le SMIC jeune existe déjà : ça s’appelle les stages, c’est payé en moyenne entre 436,05 € et 1000€. Et en plus ça ne donne droit ni aux congés ni aux allocations chômage.

Oui M. Gattaz, pas besoin de nouvelle loi, nous vivons déjà dans le meilleur des mondes !

                         


Mar 18

Les nouvelles candidatures

Force est de constater que les candidatures traditionnelles (envoi de CV et attente près du téléphone) ça ne marche pas. Comme l’a dit ton conseiller Pôle Emploi, les entreprises reçoivent environ 300 CV par offre d’emploi publiée, donc faut pas trop compter là-dessus. Du coup, tu envisages des solutions alternatives :

  • En mode Femen : tu fais un happening sur la place du Trocadéro. Tu enlèves ton t-shirt en hurlant (et en faisant attention à ne pas faire tomber ta couronne de fleurs) pour que tout le monde lise ce qu’il y a écrit sur tes seins : EMBAUCHEZ-MOI // HIRE ME.
  • En mode Libé : tu publies une petite annonce dans la rubrique Transports Amoureux. “Métro L3, Havre Caum. Vu avec ton attaché-case. Tu ne le savais pas mais tu vas m’embaucher.”
  • En mode CGT : tu vas au siège de l’entreprise dans laquelle tu veux travailler. Tu portes une cagoule. Tu demandes à voir le boss et tu le prends en otage. Tu marchandes avec les flics : “ok je le libère mais je veux des garanties : un CDI !”
  • En mode Breaking Bad : tu achètes un flingue et élimines tous tes concurrents (soit la moitié des promos des écoles de commerce). Easy.
  • En mode GIF : tu fabriques un CV en GIF et tu le mets en ligne pour faire du buzz. Mais ça a déjà été fait (voir ici). Ça peut aussi se tenter avec des chatons.

Quelqu’un a un chaton à prêter ? C’est pour la bonne cause.

                         


Mar 5

LinkedIn

« Rejoignez le plus grand réseau professionnel au monde » qu’ils disent. Mais pour quoi faire ?

LinkedIn c’est cool parce ça permet de :

  • Se mettre en avant (quand on tape ton nom dans Google, ta page pro remonte avant ta page Facebook, et avec un peu de chance le recruteur s’arrêtera là et n’ira pas voir les photos de toi déguisé en lapin à cette fête ridicule il y a 3 ans).
  • Raconter tous les trucs qui rentrent pas sur ce foutu CV d’une page (oui tu as fait de la danse en maternelle et c’est important que le monde le sache).

Mais il faut supporter le fait que :

  • Tu ne reçois jamais assez de vues (« Votre profil a été consulté par 3 personnes au cours des 15 derniers jours » => mais ça marche pas cette merde !).
  • Tu te fais spammer. Nouvelle demande d’amis :  tu as +5000 contacts, on ne s’est jamais parlé, et tu bosses dans le secteur de la construction ? Really?

Au final LinkedIn n’a qu’un seul intérêt : le stalking. La meuf que tu détestais en prépa a dégoté un nouveau job : biaaaaatch. Une vieille connaissance a ajouté « team leadership » dans ses compétences : gros mytho. Ahhhhh ça fait du bien.

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Fév 18

RDV à Pôle Emploi

Tu as rendez-vous à Pôle Emploi. Tu as soigneusement rempli ton dossier de demande d’inscription (8 pages quand même !), ce qui t’a donné la fâcheuse impression d’être un cas social.

Tu n’as pas une très bonne image de Pôle Emploi. Tu imagines des conseillers au bord de la crise de nerfs, épuisés par les milliers de chômeurs qui affluent dans leurs bureaux depuis que la crise est passée par là. Mais en fait non, les conseillers ont l’air plutôt fringuant. Eux au moins ils ont un travail.

Tu entres dans le hall avec ta convocation à la main. C’est comme à La Poste : il y a la queue au guichet. Dans la file il y a de tout : des jeunes, des vieux, des hommes, des femmes, des Blancs, des Noirs et des Arabes. Tu es à l’agence qui gère les cadres, donc apparemment les cas désespérés ne sont pas reçus ici. Une petite voix te dit “5 ans d’études pour en arriver là”. Tu n’en mènes pas large.

Ton conseiller arrive. Tu le suis dans son bureau. Tu t’assieds et sors ton dossier. Devant ta mine déconfite, le monsieur demande :

- C’est votre première inscription ?

- Oui…

- C’est pas grave, ça peut arriver.

Le monsieur est gentil. Il prend ta paperasse, fait des photocopies et valide ton inscription sur son ordinateur. Puis il lit ton CV et te demande quel est ton projet professionnel. Te revoilà à déballer ta vie, ton œuvre. Il écoute et sourit. Il te propose des pistes de recherche. Vous discutez. C’est intéressant. Vous regardez ensemble les offres sur le site de Pôle Emploi. Vous tombez sur une offre émanant d’un grand cabinet d’audit qui commence par un D. Tu fais NON de la tête. Ton conseiller acquiesce : “j’ai reçu plusieurs personnes qui sortaient de là complètement cassées”.

Pour finir, il t’explique tes droits et devoirs en tant que chômeuse : tu as le droit de refuser une offre d’emploi mais tu as le devoir de te rendre à toutes les convocations. Il t’explique les différentes formes d’aide que propose Pôle Emploi et rédige un compte-rendu. Et voilà. Prochain RDV dans 3 mois. 

Ça c’était la version officielle. En off, ton conseiller t’explique que Pôle Emploi propose tout un tas d’ateliers pour travailler son CV ou sa méthodologie, mais que les délais sont longs car il y a beaucoup de candidats. Il t’explique aussi que dans cette agence, 37 conseillers aident 11000 demandeurs d’emploi et que c’est pas facile tous les jours. Il te suggère également d’envisager de t’expatrier. Ça en dit long sur sa vision du marché du travail en France.

                                


Jan 13

Comment négocier son départ ?

Règle n°1 : avoir des couilles

Négocier ton départ avec ton employeur, ça veut dire te mettre délibérément en danger :

  • S’il refuse, il va te mettre au placard ou te le faire payer d’une façon ou d’une autre pour te pousser à démissionner
  • S’il accepte (ce que tu espères), tu vas te retrouver au chômage. Dans un monde idéal, tu devrais trouver un autre travail avant de quitter le tiens, mais ça ne se passe pas toujours comme ça.

Négocier son départ, c’est aussi avouer des trucs pas très glorieux à ton employeur :

  • Tu n’es pas heureuse
  • Tu trouves que c’est une boîte de merde/que ton boss est fou/que ça tourne pas rond dans l’open space.

Pas évident de balancer des infos pareilles à des gens qui te considèrent comme une gentille employée.

Le jour où tu décides de te lancer, tu te lèves de ta chaise, marches d’un pas déterminé vers le bureau de la DRH et… bifurques à droite vers les toilettes. Là tu hésites entre vomir et faire caca tellement le stress te rend malade. Puis tu te laves 3 fois les mains tellement elles sont moites. Tu te regardes dans le miroir et trouves que tu as vraiment une sale tête. Tu ressors des toilettes et te rediriges vers le bureau de la DRH. Qui est fermé. Fail. Elle n’est pas là. Tu vas devoir refaire ton cirque 2 ou 3 fois avant d’obtenir un entretien avec elle.

Quand tu entres enfin dans son bureau, tu as l’impression de fondre sur ta chaise tellement tu flippes. Et si je signais mon arrêt de mort ? Et si c’était une énorme connerie ? (en plus mes parents vont me tuer)

Mais une fois l’entretien terminé, tu as l’impression d’avoir gravi l’Everest. Yes, you did it!

Règle n°2 : avoir des arguments

C’est à ce moment-là que savoir écrire une dissertation va t’être utile (merci la prépa, merci l’école de commerce). Tu as intérêt à être plutôt convaincante pour que ton employeur accepte de signer une rupture conventionnelle, c’est-à-dire te laisse quitter la société avec une indemnité et le droit aux allocations chômage, quand il pourrait simplement t’envoyer te faire foutre et te proposer de poser ta démission.

Du coup, tu retournes le problème dans ta tête dans tous les sens. Pourquoi tu veux partir ? Pourquoi c’est bien pour ton employeur ? Pourquoi il n’y a pas d’alternative possible ?

Argument. Exemple. Tu hésites à la présenter sur Power Point tellement ta logique est belle et implacable.

Allez, ça devrait bien se passer.

                               


Oct 10

La révolution

Le constat est unanime : les collègues et toi, vous trouvez qu’il y a une ambiance de merde. Une fois que c’est dit, une question : qu’est-ce qu’on fait ? On va pas rester là, assis derrière son PC, à se faire traiter comme un esclave. On vaut mieux que ça. On décide de monter un plan d’action : comment faire la révolution au bureau ?

Étape 1 : s’assurer qu’une majorité veut renverser le pouvoir.

Étape 2 : manœuvrer en sous-marin pour que la hiérarchie continue à ne se douter de rien (ou continue à faire semblant que tout va bien dans le meilleur des mondes possibles).

Étape 3 : décider ce qu’on veut. Avoir plus de responsabilités, participer aux décisions de la boîte, faire virer le patron par le patron d’au-dessus, ou simplement faire changer la déco (parce qu’il est trop moche cet open space).

Étape 4 : répartir les tâches. Qui sera le leader de la contestation ? Qui couvre qui pour pas qu’on vous vire ?

Étape 5 : désigner une victime. Il ne faut pas se leurrer, tout le monde ne sortira pas indemne de cette révolution. Il faut sacrifier quelqu’un. Alors c’est comme sur le Titanic : les femmes et les enfants d’abord (first in, first out).

Étape 6 : le jour J. Tes collègues et toi vous passez à l’assaut : un laxatif dans le café du patron.

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mai 4

Auto-débat

  • Chers lecteurs,
  • Jeune Diplômée reprend du service pour une journée, le temps d'un billet sur le thème "pour ou contre changer de job ?".
  • Bonne lecture.
  • JD
  • Pour : Je déteste mon boss.
  • Contre : Ce serait con de démissionner avant de profiter de ses congés payés.
  • Pour : Il existe forcément un métier qui consiste en autre chose que faire des tableaux croisés dynamiques sur Excel.
  • Contre : J’ai un collègue sympa. Un seul, mais c’est déjà pas mal.
  • Pour : Mes cartes de visites sont vraiment trop laides.
  • Contre : Depuis le temps que je travaille là, on va peut-être finir par m’augmenter.
  • Pour : De toute façon mon voisin d'open space ne connaît toujours pas mon prénom. Depuis 10 mois il m’appelle Julie. Moi c’est Alice.
  • Contre : La cantine est vraiment pas chère.
  • Pour : Il y a plusieurs sièges sociaux dans le quartier. Celui d’en face a l’air vraiment mieux.
  • Contre : Je vais attendre qu’ils me virent.
  • Pour : Le café n’est même pas gratuit au bureau.
  • Contre : Je connais enfin mon numéro de téléphone professionnel par cœur.
  • Pour : Je ne suis pas indispensable à ma boîte.
  • Contre : Le bureau n’est pas loin de chez moi.
  • Pour : Les cadeaux du CE sont trop pourris.
  • Contre : Je croule sous le boulot mais on m’a promis que j’aurai un stagiaire.
  • Pour : Une fille de la boîte a démissionné. Ça prouve que c’est pas si compliqué.
  • Contre : Je n'ai pas de plan B, de job de secours, ni d'héritage en vue.
  • Pour : J’aurai un pot de départ et des cadeaux.
  • Contre : Il y a déjà 3 millions de chômeurs, pas la peine d'en rajouter.
  • Pour : En tant que digne représentante de la génération Y, je n'étais même pas censée garder un job plus de 6 mois.

Oct 26

Merci Martine

Sur ta fiche de paie, tout en bas, après des dizaines de lignes de cotisations sociales incompréhensibles, tu as lu “solde RTT : 0,50”.

Tu n’en croyais pas tes yeux : tu avais droit à des RTT. D’un mois de travail naissait automatiquement une demi-journée de RTT. D’ici quelques mois tu aurais aussi droit à des congés payés.

Rendez-vous compte : des congés PAYÉS. Des jours où vous êtes payés pour ne pas venir au travail. Tu es restée sidérée devant la beauté de ce concept. Cela te semblait être la plus belle idée jamais inventée.

Tu as voulu remercier Léon Blum et Martine Aubry, mais l’un est mort et l’autre enterrée.

Alors tu as simplement commencé à imaginer ce que tu ferais de ces RTT. Oh tu en ferais bon usage ! Tu rêvassais déjà à tes futurs week-ends, tes escapades, tes pauses rémunérées et légales.

Être payée à rien faire, quel luxe !

                            


Oct 25

L’infini

Un matin tu t’es levée et tu as contemplé l’infini :

l’infini de ton contrat à durée indéterminée. Ça peut durer longtemps.

L’infini ça t’a toujours fait peur. Par exemple imaginer que l’univers n’a pas de fin, et qu’on flotte parmi des milliards de galaxies, ça te fait flipper.

Ton côté “meuf super organisée” aime bien avoir un rétroplanning pour chaque projet, des deadlines, des trucs auxquels on se raccroche, un début et une fin.

En CDI tu connais le début, mais pas la fin. Enfin si : dans 40 ANS. Quand tu prendras ta retraite.

En stage c’était pas pareil. Dans ta convention il y avait écrit la durée précise, en jours. Ni un de plus ni un de moins. Environ 6 mois. Ça ne t’engageait pas trop.

Mais là, l’infinité du CDI, ça te tracasse.

                              


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